Créer votre entreprise, étape 5 : Créer le business plan
Une fois l’organisme d’accompagnement principal choisi, vous allez élaborer le business plan avec lui – d’ailleurs la capacité de l’organisme à vous aider dans cette phase cruciale est l’un des facteurs les plus importants que vous devrez prendre en compte pour le choisir.
Le business plan, c’est le dossier complet qui détaillera votre projet, les résultats de l’étude de marché, et la prévision de l’ensemble des recettes et des dépenses, poste par poste et mois par mois, souvent pour les 3 premières années de l’entreprise. Une chose est claire : il est très rare que les recettes et dépenses des 3 premières années d’une entreprise correspondent à ce qui a été prévu dans le business plan.
Pourquoi en faire un alors ? C’est tout d’abord l’occasion pour vous de bien poser les choses et de structurer votre pensée. Le simple fait de devoir mettre des chiffres dans les cases des recettes et dépenses chaque mois vous force à y penser et à déterminer comment vous comptez atteindre les chiffres de vente.
Si vous créez une entreprise basée sur un modèle existant, c’est là qu’il est utile de connaître les chiffres d’autres entreprises de ce secteur, ou mieux les chiffres moyens. Consultez le site de l’INSEE pour trouver ces chiffres.
C’est également une fois le business plan élaboré que vous pourrez déterminer de combien d’argent vous avez besoin, étape indispensable avant d’aller voir les investisseurs. C’est également en élaborant le business plan que vous allez choisir votre structure juridique, avec l’aide de votre interlocuteur principal.
L’autre intérêt est que ce document est indispensable si vous voulez convaincre des investisseurs – organismes, banques, business angels, etc. – de vous prêter de l’argent. Votre personnalité et votre capacité à convaincre joueront bien sûr un grand rôle, mais c’est sur le business plan qu’ils s’appuieront pour déterminer s’ils croient suffisamment en votre projet pour y risquer de l’argent.
Le business plan est un document difficile à élaborer seul, en particulier si vous ne l’avez jamais fait auparavant, et sur c’est sur ce point que votre interlocuteur principal apportera sa plus grande plus value. Il a sans douté déjà aidé à réaliser des dizaines, peut-être des centaines de business plans auparavant et saura vous guider et vous apporter un regard critique qui à ce stade vous fait cruellement défaut
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Créer votre entreprise, étape 6 : Rencontrer, choisir et convaincre les investisseurs
Armé de votre business plan en béton terminé avec l’aide de l’organisme,
il est temps d’aller rencontrer les investisseurs pour les convaincre d’investir dans votre entreprise.
il est temps d’aller rencontrer les investisseurs pour les convaincre d’investir dans votre entreprise.
Votre organisme d’accompagnement saura vous donner une liste des investisseurs à contacter dans votre région – peut-être lui-même pourra-t-il vous financer – et la meilleure stratégie à adopter.
Voici les différentes catégories d’investissements que vous pouvez essayer d’obtenir :
- La famille et les amis. Traditionnellement appelé “love money”, ce premier niveau se compose de tous vos proches que vous avez convaincus d’investir dans votre projet en vous prêtant un peu d’argent. Il s’agit souvent de prêts sans taux d’intérêt, mais si vous vous retrouvez dans la situation où vous ne pouvez pas les rembourser, cela peut engendrer des tensions très dommageables pour votre vie sociale et affective. Une très bonne manière de “lever”’ses premiers fonds, mais à manier avec précaution : le “love money” doit être composé de petits prêts que vos proches peuvent facilement consentir en fonction de leurs moyens, pour vous soutenir plutôt que pour faire une opération rentable.
- Les prêts d’honneur. Ce sont des prêts sans intérêt accordés par des organismes d’aide à la création d’entreprise. Ils sont financés par l’Etat ou des mécènes, et visent à développer l’économie locale et nationale, sans rechercher la rentabilité sur les prêts effectués.Parfois en cas de dépôt de bilan avant le remboursement total des prêts, il est possible de négocier le non-remboursement de ceux-ci (mais ce n’est pas toujours possible), ces prêts se faisant généralement sans garantie personnelle. Il est donc très intéressant d’en obtenir surtout qu’ils servent souvent de leviers pour obtenir le prêt bancaire derrière (obtenir un tel prêt est un gage de crédibilité et le banquier sera heureux de partager les risques).Certains organismes conditionneront le déblocage du prêt qu’ils vous ont accordé à l’obtention d’un prêt bancaire. C’est logique de leur point de vue, puisqu’obtenir un prêt bancaire est un gage de sérieux et de crédibilité pour eux.En France voici les deux principaux organismes:
- France Initiative. Je suis personnellement passé par la version Lilloise de cette plateforme basée partout en France pour obtenir mon prêt d’honneur. Ils font aussi un accompagnement avant la création qui inclut l’aide à l’élaboration du Business Plan.
Quelques chiffres intéressants sur cette plateforme en 2011 :- 17 750 entrepreneurs financés pour 15 953 créations ou reprises d’entreprises
- 8 150 € : montant moyen du prêt d’honneur
- 85 % de taux de pérennité à trois ans des entreprises aidées
- Réseau Entreprendre. Je ne le connais personnellement pas mais c’est également un réseau très actif en France
Quelques chiffres intéressants sur cette plateforme- 560 nouveaux "lauréats" en 2011 et 5.500 en cumul : 2/3 de créations et 1/3 de reprises.
- 1.386 entrepreneurs en cours d’accompagnement soit 13.860 rendez-vous tous les mois. 100% des lauréats sont accompagnés.
- Pérennité des entreprises : à 3 ans, 87% sont toujours en activité et à 5 ans, 84% pour les dernières promotions (enquête TMO Régions).
- 93% des lauréats interrogés se déclarent satisfaits ou très satisfaits de l’accompagnement par Réseau Entreprendre (enquête IFOP 2011 sur 1009 lauréats interrogés).
- Il y a aussi le dispositif NACRE du gouvernement, qui est une avance remboursable. 50% des demandes NACRE sont gérées par France Initiative, donc vous allez faire d’une pierre deux coups en allant les voir
. - Regardez aussi du coté du PCE, un prêt d’honneur du gouvernement de 2000 à 7000 euros.
- France Initiative. Je suis personnellement passé par la version Lilloise de cette plateforme basée partout en France pour obtenir mon prêt d’honneur. Ils font aussi un accompagnement avant la création qui inclut l’aide à l’élaboration du Business Plan.
- Les “banques solidaires” : ce sont des organismes dont la mission est de permettre l’accès au financement à ceux qui ont le plus de mal à décrocher un prêt bancaire, notamment les chômeurs. Leurs financements peuvent se substituer à un prêt bancaire, et peuvent donc servir de prêt complémentaire indispensable pour obtenir un prêt d’honneur. En France il y a notamment ces deux organismes :
- L’ADIE. Cette structure suit le modèle du microcrédit, et ses prêts sont proposés à des taux proches du taux de l’usure (très élevés), donc faites attention. Un prêt de cette structure pourra toutefois débloquer votre situation si aucune institution financière “classique” ne souhaite vous prêter de l’argent.
- France Active, qui gère aussi les prêts NACRE.
- Le prêt bancaire : quel que soit le montant des autres investissements que vous obtiendrez, le prêt bancaire est souvent un passage obligé, car bon nombre d’investisseurs ne vous prêteront l’argent promis que si vous avez réussi à convaincre une banque de placer de l’argent en vous.En effet, un banquier ne vous prêtera de l’argent que s’il estime que le risque qu’il encourt est très faible. Autrement dit s’il estime que votre projet tient la route et que vous pouvez le mener à bien. Cependant, ce n’est pas parce que votre projet a été refusé par une banque qu’il y a forcément un problème. En cas de refus, essayez une autre banque, puis une autre, puis une autre encore. Essayez différentes agences d’une même banque, vous pourrez être accueilli différemment en fonction de l’interlocuteur.Devriez-vous essayer d’obtenir d’abord un prêt d’honneur ou un prêt bancaire ? En fait il est plus facile d’obtenir un prêt bancaire si vous avez déjà un prêt d’honneur (certains prêts d’honneur sont d’ailleurs conçus avant tout pour permettre aux créateurs d’obtenir des prêts bancaires). Mais souvent pour obtenir un prêt d’honneur les organismes vous demanderont d’avoir au moins rencontré des banquiers pour leur faire part de votre projet, et dans l’idéal d’avoir une promesse de prêt si telle et telle condition sont réunies.Donc pendant que vous élaborez le business plan, prenez contact déjà avec votre banque personnelle pour lui présenter votre projet et avoir un premier avis. Essayez d’obtenir une promesse de prêt si vous réussissez à obtenir d’autres financements, à avoir un local si vous en avez besoin d’un, etc., ou au pire un avis positif sur votre dossier en l’état. Puis tentez d’obtenir ce prêt d’honneur, en mettant en avant le fait que vous avez déjà un contact avec une banque. Une fois le prêt d’honneur obtenu, allez voir votre banquier et tentez d’obtenir le prêt bancaire.
- Les subventions : ce sont carrément des dons, du gouvernement ou d’organismes qui veulent redynamiser un secteur, voire la création d’entreprises tout entière. Il n’est pas facile d’en obtenir
et quand c’est le cas cela peut vous prendre plusieurs mois avant de toucher les fonds, donc gare ! Ne comptez pas dessus pour démarrer votre entreprise et acheter votre matériel indispensable. Le meilleur endroit pour trouver des subventions est le site de l’OSEO. Il y a aussi des subventions en fonction des domaines, des régions, de la ville parfois… Renseignez-vous auprès de votre réseau d’accompagnement.- Si vous êtes chômeur, vous pouvez aussi demander à ce que le pôle emploi continue à vous verser vos allocations pendant un an après votre création d’entreprise, ou même vous verse une partie de vos allocations restant dues sous forme de capital. Cliquez ici pour en savoir plus.
- Les exonérations : ce sont des aides indirectes sous la forme d’une exonération de taxes ou d’impôts. Très appréciable pour donner un coup de pouce à votre entreprise. Les plus connues sont :
- L’ACCRE. Exonération des cotisations sociales pendant un an, assortie éventuellement d’un prêt d’honneur.
- Le dispositif Zones Franches Urbaines. La Rolls-Royce des exonérations. Si vous arrivez à en bénéficier votre entreprise sera exonérée de 100% d’impôts pendant 5 ans, puis de 60% pendant 5 autres années (!), pour un maximum de 100 000 € exonérés par an. Cela peut faire une énorme différence. Renseignez-vous pour connaître l’emplacement des ZFUs dans votre ville.
- Les garanties : ces aides ne sont pas du financement direct, mais peuvent vous aider à en obtenir, car elles cautionnent une partie de votre prêt bancaire et soulagent donc votre banquier d’une partie du risque.
- La plus connue est celle d’OSEO qui prend en charge 70% du risque. Parlez-en à votre banquier car il est possible qu’il connaisse mal ce type de garantie.
- France Active propose également plusieurs garanties de ce type, dont une spécifique pour les femmes créatrices d’entreprise.
- Les business angels et capitaux risqueurs : ces investisseurs vous confient leur argent en échange d’une participation dans le capital de votre société. Il ne s’agit donc pas d’un prêt classique (vous n’aurez rien à rembourser si votre entreprise se plante) : ces investisseurs ne gagneront de l’argent que s’ils arrivent à revendre leur part avec une grande plus-value (peut-être à vous-même !) quelques années plus tard. En général, les business angels investissent au tout début de l’entreprise, pour des sommes de quelques dizaines de milliers d’euros chacun en général, tandis que les capitaux risqueurs investissent quand l’entreprise a déjà quelques années de fonctionnement derrière elle, et a besoin de fonds pour continuer son développement.
Ce type de financement n’est pas pour tout le monde : seules les entreprises ayant un grand potentiel – ce potentiel étant souvent lié à un caractère innovant – vont intéresser les business angels et capitaux risqueurs. L’intérêt est qu’outre de l’argent, vous bénéficiez aussi de l’expérience et du réseau de ces investisseurs si vous réussissez à les convaincre, ce qui peut être un atout considérable. En France vous pouvez démarrer vos recherches avec :- Les Cigales. Une structure de “capital risque solidaire”.
- La Fédération des Business Angels français.
- Association Nationale des investisseurs pour la croissance
- Wiseed, site mettant en relation investisseurs particuliers et entreprises (modèle du “crowdfunding”).
Créer votre entreprise, étape 7 : Créer votre entreprise !
Ça y est, après moult épreuves vous avez triomphé de tous les obstacles, vous avez obtenu tous les financements dont vous avez besoin, et vous pouvez enfin vous rendre à la Chambre de Commerce ou la Chambre des Métiers pour accomplir les formalités de création.Bravo ! Fêtez ce succès comme il se doit ! Sortez la bouteille de champagneque vous avez mise au frais pour l’occasion et faites-la péter ! Célébrez l’évènement avec des proches que vous aimez, faites-vous plaisir en allant dans un excellent restaurant avec votre conjoint, bref savourez ce moment qui restera à jamais gravé dans votre mémoire. Vous l’avez bien mérité.Puis remettez-vous au travail. À fond. Créer votre entreprise a été une aventure merveilleuse et éprouvante, et une nouvelle encore plus passionnante et dangereuse vous attend à présent : la faire croître pour qu’elle survive, puis pour qu’elle vous offre ce que vous attendez d’elle, que ce soit la joie de faire ce que vous aimez pour longtemps, l’argent, la liberté et l’indépendance, la satisfaction profonde d’apporter de la valeur à la société tout en étant payé à votre juste valeur, le plaisir de contribuer en créant des emplois.Le sujet de cet article n’est pas de développer votre entreprise (j’en ferai peut-être un autre sur le sujet), mais sachez que la plus grande erreur que font les créateurs d’entreprise débutants est de ne pas se focaliser sur la vente. Ils passent 80% de leur temps sur des tâches annexes, comme chercher le design de leur carte de visite, choisir leur mobilier de bureau, peaufiner le texte de leur plaquette, s’occuper du design de leur site web, etc., et 20% de leur temps à chercher de nouveaux clients pour vendre leurs produits ou services.Pour réussir c’est l’inverse qu’il faut faire : vous devez passer 80% de votre temps à vendre car sans ventes, tout le reste ne servira à rien. Quand vous aurez suffisamment de clients pour assurer au moins le paiement des frais fixes (loyer, salaire, etc.) alors vous pourrez passer du temps à créer votre carte de visite, choisir votre mobilier de bureau et la couleur des murs.Donc travaillez d’arrache-pied pour trouver vos premiers clients, puis les suivants, consacrez tous vos efforts à cela sans relâche, et une fois que vous avez convaincu les premiers faites-en sorte qu’ils soient tellement enchantés qu’ils en parlent à tous leurs amis. Votre super fauteuil de président et votre fond
d’écran viendront après.Bienvenue, mes amis, dans le fabuleux monde de l’entreprenariat, avec ses frissons, ses sensations fortes, ses dangers et surtout son incroyable liberté. Bienvenue dans ce nouveau chemin que vous avez choisi de parcourir. Profitez du voyage tout autant que de la destination. Une fois que vous y aurez goûté vous ne pourrez plus vous en passer


